9782501098755-001-X

 

Faire confiance, n’est-ce pas être naïf et crédule? Loin de là, il faut montrer que la confiance est la condition de toute aventure et de toute relation à autrui. Et puis craindre la confiance, n’est-ce pas se condamner à la solitude ? La confiance n’est-elle pas le fondement du lien social ? Pour preuve, une société où la surveillance est générale est en même temps le lieu d’une méfiance universelle.

Or, cette société n’en est peut-être déjà plus une – le lien se délite. La confiance est donc aussi une force d’exister collectivement. Mais la confiance politique n’est-elle pas ce qui est le plus fragile ? La trahison et la rupture des promesses ne sont-elles pas des constantes en démocratie ? Si la confiance se trahit aussi facilement, est-elle aussi fondamentale pour le lien social ? Peut-on faire confiance à un doux rêveur ? Peut-on faire confiance à une grosse brute ? Comment conquérir la confiance en soi ? Peut-on rendre la liberté en donnant sa confiance ? Comment garder la confiance sans tenir sa parole ?

Invité : Emmanuel Delessert Emmanuel Delessert est professeur de philosophie au lycée Fauré d’Annecy. Ouvrage à paraître : Oser la confiance (Marabout, septembre 2015).

« Faire confiance, quelle prise de risque intolérable ! ». Voici le discours que nous tient notre société, qui nous encourage plutôt à considérer ceux qui nous entourent, de près ou de loin, comme des menaces à tenir à distance.
Ce livre, prenant le contre-pied de cette dangereuse tendance au repli sur soi, nous invite au contraire à une vie ouverte et illuminée par la confiance.
En effet, si on ne peut pas, scientifiquement, définitivement, « avoir confiance » en l'autre, qui, parce qu'il est libre, nous échappera toujours, nous devons faire le choix de « faire confiance », c'est à dire, par nos actes, reconnaître dans cette liberté réciproque la base de toute solidarité réelle et de tout lien humain riche de sens.